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Vincent Auriol honoré par le Conseil Municipal de Muret

Le jeudi 7 janvier dernier, à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Vincent AURIOL, c'est accompagné des élus du Conseil Municipal qu'André MANDEMENT a tenu à rendre hommage à ce grand personnage qui a marqué notre Histoire. 

 

Il pleuvait des trombes d'eau ce jeudi 7 janvier vers 18h30 dans le cimetière de Muret mais cela n'a pas empêché de nombreuses personnes de venir saluer par le dépôt d'une gerbe et de nombreuses roses, celui qui fût maire de Muret et Président de la République Française.

Voici le discours prononcé par le maire de Muret à cette occasion :

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

 

Nous sommes réunis en ce début de soirée autour de la tombe de Vincent AURIOL, grand homme de la République et de la ville de Muret.

Dans quelques instants, nous déposerons chacun une rose à l’occasion du 50ème anniversaire de sa disparition mais avant je voudrais vous dire quelques mots sur sa vie.

Né le 27 août 1884 à Revel, d’un père boulanger, Vincent AURIOL est resté dans la mémoire collective comme le 1er Président de la IVe République. L’élection par le Congrès à la plus haute fonction de l’Etat est l’aboutissement de 35 ans d’engagement politique et de vie publique.

Maire de Muret (1925-1935), Conseiller Général et président du conseil Général de la Haute-Garonne (1925-1945), député (1914-1936), nommé par deux fois ministre (Ministère des Finances en 1936, Ministère d'Etat en 1945), élu président de l'Assemblée Constituante en 1946.

Sa jeunesse se caractérise par des études brillantes. Licencié en droit en 1905, il s'inscrit au Barreau de Toulouse après avoir passé son doctorat de Science Politique. Il devient alors avocat de la Bourse du travail de Toulouse.

Durant ses années d’études supérieures et le début de sa vie professionnelle, son engouement pour la politique s’envole. Ce sont les premiers combats pour les ouvriers chapeliers d'Espéraza (Aude) ou les « moutonniers » de Graulhet (Tarn). Parallèlement, pour exprimer et défendre ses idéaux, il se lance dans le journalisme. Il devient en 1909 le rédacteur en chef de la revue le « Midi Socialiste » et fonde le « Syndicat de la Presse Quotidienne de Toulouse ».

Le militantisme et le socialisme deviennent progressivement sa vie et sa religion. Par l’intermédiaire de son épouse, il côtoie Jean JAURES lui insufflant la volonté de s’engager au niveau politique et de briguer des mandats effectifs. Le 10 mai 1914 à 33 ans, il est élu député socialiste de Muret et le sera sans interruption jusqu’au 3 mai 1936.

Fort de son succès, il monte à Paris pour tenter d’appliquer son programme politique : service militaire de deux ans, rapprochement franco ­allemand, impôt sur le revenu et système complet d'assurances sociales.

A côté de ses activités parisiennes, Vincent AURIOL a souhaité retourner sur ses terres natales. En mai 1925, il est élu Maire de Muret, sa ville d’adoption, où grâce à son énergie, il dote sa ville de structures modernes. A Muret, avec femme et enfants, ils s’installent dans une propriété dénommée "La Bordette" sur les bords de la Louge. En 1928, il continue son ascension politique en entrant au conseil général de la Haute-Garonne pour le canton de Carbonne. Léon BLUM, son 2ème père spirituel après JAURES, l’appel au pouvoir en 1936. Ministre des Finances, il est le principal artisan de la dévaluation et de la création du « franc flottant ». Garde des Sceaux du cabinet Chautemps en 1937, il est, dans le second cabinet BLUM en 1938, chargé, comme ministre sans portefeuille, de la coordination des services à la présidence du Conseil. Néanmoins, la IIe guerre mondiale marque un tournant dans son parcours politique et personnel. Il refuse de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en juillet 1940, à Vichy, défendant les libertés démocratiques contre les régimes dictatoriaux. Il est ainsi emprisonné à Pellevoisin, et ensuite placé en résidence surveillée à Muret fin 1941-début 1942. Il parvient à s'échapper, à entrer dans la clandestinité, et rejoint le général de Gaulle en octobre 1943. La résistance le conduit de Londres à Alger, puis sur le territoire français en 1944.

La guerre renforce ses idées pacifistes et sa volonté de s’engager à nouveau pour sa patrie. Il est élu député de la Haute‑Garonne à l'Assemblée constituante, le 21 octobre 1945, et retrouve aussi son mandat de Maire de Muret et de conseiller général.

Elu président de l'assemblée constituante le 1er janvier 1946, il inaugure les débuts de l'Assemblée nationale qui fonde la IVème République. Celle-ci l'élit à la présidence de la République et à celle de l’Union française le 16 janvier 1947.

Son 1er voyage officiel est pour sa ville d’adoption. Le dimanche 16 mars 1947, accompagné de nombreux ministres, il foule la terre de Muret en tant que 1er Français. Une foule immense vient accueillir chaleureusement l’enfant du pays. Son septennat est marqué par une France à reconstruire, les guerres d’Indochine et d'Algérie, la décolonisation de l’Union Française et des difficultés économiques et monétaires. Après la fin de son mandat en 1954, Vincent AURIOL partage sa vie entre les voyages (Russie, Mexique, Grèce, etc) et la préparation de ses mémoires. Son dernier acte politique se situe à l'automne 1965, lorsqu'il engage les français à soutenir la candidature de François Mitterrand à la présidence de la République, malgré une "profonde estime et une vieille amitié envers le général de Gaulle". 

 Partageant sa retraite entre sa propriété de Muret et sa villa de Bormes les Mimosas, Vincent AURIOL meurt à Paris le 1er janvier 1966. Il est inhumé dans ce cimetière au côté de son épouse Michèle, son fils, Paul et sa belle-fille, la célèbre aviatrice Jacqueline Auriol.

A l’occasion du cinquantenaire de la disparition du président AURIOL, j’ai souhaité que nous nous réunissions afin de lui rendre hommage. Plusieurs évènements seront organisés sur la ville pour marquer cette date anniversaire.

Je vous invite à venir participer à la conférence, Vincent AURIOL (1884-1966), maire de Muret et président de la République prévue la 3 février 2015 au théâtre municipal à 21h, organisée par la Société du Patrimoine du Muretain.

Par ailleurs, je tiens remercier un Muretain qui va faire don au musée Clément ADER du film de la visite officielle du président AURIOL à Muret en 1947. Une œuvre rarissime et inestimable.

Enfin, la ville de Muret accueillera prochainement un buste à l’effigie de Vincent AURIOL en hommage à cet illustre grand homme. Un cinquantenaire riche en évènement et commémoration.

Je vous remercie."